Le Président de la République entend réformer la télévision publique en supprimant la publicité. Objectif : obtenir « un service de qualité, qui ne soit pas soumis aux diktats des recettes publicitaires et de l’audience ».
A l’occasion de sa conférence de presse le 8 janvier, puis lors du Conseil National le 12 janvier dernier, Nicolas Sarkozy a une nouvelle fois affirmé sa volonté de rupture, et plus particulièrement dans le domaine médiatique. Il s’agit de reformer la télévision publique en supprimant la publicité. Objectif : obtenir « un service de qualité, qui ne soit pas soumis aux diktats des recettes publicitaires et de l’audience ».
Trop longtemps restée à l’état de projet, l’heure de mettre en place la réforme a sonné. Comme le souligne le Président, l’immobilisme doit cesser : « cela fait trop d’années que l’on en parle sans avoir le courage de le faire ». Et du courage, il va en falloir face aux vives critiques de l’opposition et des syndicats. Pourtant, ce changement s’impose. Nicolas Sarkozy rappelle que nous sommes aujourd’hui dans une configuration où la « publicité (est la même) sur le service public que sur les chaînes privées, avec les mêmes programmes (…) » S’ajoute à ce constat que « l’environnement et la culture (sont considérés) comme des valeurs de gauche. Nous devons proposer une alternative sur ces sujets qui sont essentiels pour l’avenir de notre pays ».
Techniquement, l’absence de publicité bouleverse la grille de programme des chaînes. Elle libère 3H d’antenne par jour et génère un manque à gagner d’1,2 millions d’euros, qu’il va falloir bien évidemment combler. Le 8 janvier dernier, le Président a indiqué que le financement pourrait être assuré « par une taxe infinitésimale sur les chiffres d’affaire des nouveaux moyens de communication, comme l’accès à internet ou la téléphonie mobile ». A l’issu d’un entretien avec François Fillon le jeudi 10 janvier, Patrick de Carolis a affirmé que « la compensation financière d’une éventuelle suppression de la publicité sur les antennes publiques sera à la fois intégrale et dynamique ». Une information complétée ensuite par Christine Albanel, ministre de la Culture et de la Communication : «le parrainage tv sera maintenu » –ce qui représente pour le groupe entre 70 et 80 millions d’euros de recettes annuelles. Un « assouplissement des règles publicitaires » est aussi prévu.
Dans ce sens, de nouveaux cahiers des charges feront l’objet d’une concertation au Ministère de la Culture. Le calendrier prévoit le vote de la loi avant l’été et sa mise en place en janvier 2009.
Et vous, que pensez-vous de cette décision ?