Nicolas Sarkozy répond aux questions d'AutoPlus :
"Vous avez souhaité recueillir ma position, en tant que candidat à l'élection présidentielle sur la pratique de l'amnistie, en particulier concernant les automobilistes.
Ma position est claire et j'ai eu l'occasion de l'exposer à de nombreuses reprises : j'ai déjà dit et je répète qu'une élection présidentielle ne doit pas s'accompagner de mesures d'amnistie. Cette position vaut pour tous ceux qui contreviennent à la loi.
Ce choix, que j'assume, repose sur trois raisons principales :
- Je considère d'abord qu'au regard de la séparation des pouvoirs, cette faculté est problématique. Ce pouvoir présidentiel, qui interfère avec les pouvoirs des magistrats de l'ordre judiciaire, relève à mon sens d'une époque révolue et doit être aboli;
- J'estime ensuite qu'au regard de la morale républicaine, une telle mesure est choquante car elle bafoue le principe de l'égalité de tous devant la justice. De quel droit en effet, certains citoyens qui ont enfreint la loi seraient-ils excusés tandis que les autres devraient payer. Pour quel motif cette égalité en droits et en devoirs serait-elle rompue au bénéfice des uns et non des autres ?
- J'observe enfin que, dans le domaine de la sécurité routière qui est l'objet de votre question, cette pratique a pour effet d'inciter certains usagers de la route, à l'approche des échéances électorales, à relâcher leur vigilance, persuadés qu'ils bénéficieront d'une mesure de clémence.
Ce débat pose à mon sens un problème de fond et de morale républicaine et je vous remercie de l'avoir ouvert dans vos colonnes. Je pense que les Français attendent de nous une position claire et qu'ils admettent que le respect de règles justes et applicables à tous constitue le fondement et la condition mêmes de la vie sociale."
Qu'en pensez-vous ?