Extraits de son interview par JP Elkabbach.
Nicolas Sarkozy, au micro de JP Elkabbbach, revient sur sa vision de la prévention, de la sécurité dans les banlieues, à la suite de l'incendie criminel d'un bus à Marseille :
"Je me suis engagé devant la famille de cette jeune fille que, j’ai eue plusieurs fois au téléphone - enfin, je veux dire la famille, à la fois le frère, le père, la mère -, à ce que nous retrouvions les coupables."
"Je voudrais simplement dire à nos auditeurs quand il y a eu - je crois que c’était le 22 ou 23 octobre - le bus de Grigny incendié, j’avais dit qu’on retrouverait les auteurs : ils sont trois aujourd’hui à être sous les verrous. Lorsqu’il y a eu l’agression de ce policier courageux et digne des Tarterêts, j’avais dit qu’on retrouverait les auteurs : ils sont aujourd’hui sous les verrous. S’agissant de cet acte barbare, encore une fois inqualifiable, qui a conduit une jeune fille d’origine sénégalaise, qui fait ses études en France, qui prenait son bus dans un quartier populaire, qui ne demandait rien à personne, si ce n’est faire des études pour préparer son avenir, ceux qui sont capables de rentrer dans un bus, de jeter de l’essence, d’y mettre le feu, quel que soit leur âge, doivent rendre compte d’un acte qui est un acte criminel. "
"Il faut en finir avec cette culture de l’excuse permanente qui consiste à tout expliquer avant de tout excuser. Mettre le feu à un bus, briser la vie d’une jeune femme, il n’y a aucune explication, il n’y a aucune excuse et rien - je dis bien rien - ne saurait justifier un acte barbare, premier point. "
"La société française - et il faut dire les choses comme elles sont - a un problème avec la façon dont elle punit - le terme "punir" n’est pas un gros mot - les mineurs et les multirécidivistes. Je ne cesse, criant parfois dans le désert, d’essayer de convaincre de cette réalité. On ne peut plus traiter un mineur en 2006 comme on le faisait en 1945. Si un certain nombre de mineurs se comportent de cette façon, c’est parce qu’ils ont le sentiment d’une impunité. Quand vous pensez, le charivari qu’ont provoqué mes propos sur la justice des mineurs du tribunal de Bobigny, dont je disais qu’elle me semblait avoir démissionné, je ne portais pas un jugement sur l’ensemble des magistrats, mais sur ce cas particulier précis. Ce qu’on voit, c’est bien la preuve que je disais la vérité. La première des vertus pédagogiques de la punition, c’est de créer un interdit. Il y a des choses que l’on fait et il y a des choses que l’on ne fait pas. Et devant des choses inacceptables, la société a le devoir de sanctionner pour prévenir. Parce que la meilleure prévention, c’est la sanction."
"Contrairement à ce que souhaitait tout un tas de gens qui n’ont cessé de jeter de l’huile sur le feu, arguant de la commémoration d’un anniversaire qui n’en est pas un, force est de constater que, pour l’instant, il n’y a pas de risque de contagion. Je voudrais d’ailleurs en appeler à la responsabilité de tout le monde. (...) Il y a un devoir d’information, mais vous savez le rôle des images dans cette affaire, il y a une responsabilité de chacun. Je dois dire d’ailleurs qu’un certain nombre de journalistes ont été victimes d’agression, mais parfois, avec cette commémoration, encore une fois, qui n’en est pas une, on a eu le sentiment que vraiment on voulait jeter de l’huile sur le feu. "
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